Québec investit 900 000 $ dans l’aide aux femmes autochtones
Written by The Canadian Press on February 10, 2025
Québec investit près de 900 000 $ pour la création d’une ligne téléphonique de soutien dédiée aux femmes autochtones victimes de violence. «La situation chez les femmes et les filles autochtones est critique», estime la présidente de Femmes autochtones du Québec, Marjolaine Étienne.
La ministre responsable de la Condition féminine, Martine Biron, a annoncé, lundi avant-midi, l’octroi d’un financement de près de 900 000 $ visant la mise sur pied d’une ligne téléphonique de soutien dédiée aux femmes autochtones victimes de violence.
Développé par l’organisme Femmes autochtones du Québec, l’initiative Espace Femmes Premières Nations Québec promet d’offrir du soutien et de l’accompagnement culturellement sécurisant aux femmes issues des Premières Nations à travers la province.
L’investissement déployé sur trois ans permet ainsi la création d’une ligne téléphonique accessible en tout temps. Des services psychosociaux et de référencement en français, en anglais ainsi que dans plusieurs langues autochtones seront offerts.
Surreprésentées
Présents à Wendake pour l’annonce, la présidente de Femmes autochtones du Québec, Marjolaine Étienne, et le chef de l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador, Ghislain Picard, ont souligné la situation «critique» des femmes issues des Premières Nations victimes de violences.
«Les femmes autochtones souffrent en silence», a soufflé Mme Étienne. «Les violences conjugales, familiales et sexuelles sont encore plus présentes à l’heure actuelle, après la pandémie.»
«Une reprise en main est extrêmement importante, nécessaire et impérative. Tout le monde doit y faire sa part», a lancé M. Picard.
Issu de la bonification de la stratégie gouvernementale intégrée pour contrer la violence conjugale, l’investissement permettra aux femmes autochtones d’obtenir «une aide adaptée», se réjouit quant à elle la ministre provinciale.
«Pas de chaise vide»
Mis en opération dans les prochains mois, le programme détaillé lundi nécessite une «mobilisation collective chez les Premières Nations, mais aussi chez les allochtones», note Marjolaine Étienne. Elle considère la ligne téléphonique d’Espace Femmes Premières Nations Québec comme la première pierre d’une offre complète de services dédiés aux femmes autochtones victimes de violence.
Pour assurer l’efficacité de la stratégie, la présidente de FAQ veut garantir une collaboration entre tous les pourvoyeurs de services en relations d’aide, qu’ils soient autochtones ou allochtones. La mise en service officielle de la ligne de soutien sera ainsi précédée d’une réflexion pour valider l’«arrimage des interventions».
«Il ne faut plus qu’il y ait de chaises vides. C’est terminé.»
«Il faut prendre le temps pour s’organiser, se structurer parce que, le jour J, quand on va ouvrir les lignes, il va y avoir des appels», lance Marjolaine Étienne.
«Chantier» prioritaire
Rencontrée par Le Soleil en marge de sa deuxième nomination comme présidente de Femmes autochtones du Québec, en novembre dernier, Marjolaine Étienne soulignait déjà la mise sur pied d’Espace Femmes Premières Nations Québec. Encore en démarrage, l’initiative s’imposait comme une priorité de son second mandat. «C’est un autre chantier que nous devons rapidement mettre en opérations», indiquait Marjolaine Étienne, réélue le 1er décembre.
«Il faut continuer dans le dossier des femmes disparues et assassinées, pour les femmes victimes de violence conjugale et d’agressions sexuelles», avait-elle dit.
Gabrielle Cantin, Initiative de journalisme local, Le Soleil